Les Allumeur.e.s ont poursuivi en 2014 leur travail avec les cultures Roms avec le projet Kechali, où était abordée la question des femmes dans la mythologie tsigane.

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La création Kechali s'est proposée d’étudier la place de la femme dans la mythologie tsigane, confrontée à des mythologies d’autres cultures, à travers trois personnages que sont les Kechali, fées de la forêt.

 

Ce travail s'est fait en collaboration avec des femmes Roms et des primo-arrivantes d'Aubervilliers ainsi qu'avec des collégiens dans le cadre d'un dispositif CAC (Culture et Art au Collège).

 

Ce projet a été présenté lors de la journée  internationale des femmes en 2014 à l'espace Renaudie en partenariat avec La mission Droit des femmes.

 

Ce travail artistique a reflété l'aliénation induite par  le pouvoir patriarcal et révélé l’opposition entre les sexes sur le plan de l'égalité femmes/hommes dans différentes cultures.

Rappelons que le mythe dit à sa manière tout ce qui n’a pas de mots pour être dit et resterait muet. C’est donc un langage qui utilise le symbole, la fiction, la métaphore, le récit légendaire pour répondre à toutes les questions restées sans réponses rationnelles. C’est la signification exacte du mot grec mythos : « une suite de paroles qui ont un sens ».

 

Dans la mythologie tsigane, la femme tient une large place. Il y a trois groupes d’esprits : les Kechalis, les Ourmes, et les sorcières, qui sont toutes trois exclusivement féminines. Elles ont un rôle éthique entre le monde supérieur et les hommes. Elles aident les hommes à mieux vivre et elles combattent les forces du mal. En tant que forces surnaturelles il faut se les concilier ou les exorciser.

 

Ce monde exclusivement féminin des « esprits » n’est pourtant pas à l’abri de l’humanité mâle. On retrouve sur ce point des traits qui rattachent la mythologie tsigane au fond commun mythique universel. Les Kechalis rappellent le peuple des amazones à qui le mariage était interdit sous peine de mort et les Ourmes le mythe de l’antiquité « des trois Parques ».

Ce qui est remarquable c’est que la mythologie tsigane elle-même ne reste pas hors du champ économique et social et elle reflète déjà ce qu’a d’aliénant le pouvoir patriarcal.

Elle  nous met en face de l’opposition presque irréductible entre sexe (qui est peut être l’héritage de Lilith, la première Eve qui refuse de se soumettre à l’autorité d’Adam et s’enfuit) ; de la vulnérabilité sanitaire de ce peuple ; de la fragilité de la structure économique et sociale de la communauté tsigane ; le statut étonnant de marginalisation de ces fées ou sorcières qui doivent rester vierge sous peine d’être vouées au malheur.

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