Une aventure de rencontres et d’interactions, une expérience de créolisation « en éprouvette » pourrait-on dire en référence à Édouard Glissant et Jean Bojko, qui a lieu dans un concentré du monde. Une goutte d’eau de mer dans laquelle seraient présentes toutes les composantes d’un océan, vues à la loupe. « Microcosme » est un « work in progress », comme on dit. Un minutieux bricolage artistique et collaboratif autour des langages, où le quotidien est une matière brute avec lequel on veut fabriquer de la poésie. Il se construit depuis plusieurs années en collaboration avec plusieurs groupes de personnes pris dans des problématiques de vie compliquées, réfugié-es, demandeur-euses d’asiles, migrant-es européen-nes ou extra-européen-nes sur différents territoires.

2021 /

Microcosme-Translation, L'archéologie du moi 

Nous avons mené en 2021 une co-création, appelée « l’archéologie du moi » avec le partenaire éditorial, média culturel et artistique L’Insatiable (https://linsatiable.org), croisant un dispositif de création, d'insertion et de soin. Ceci s'est fait au travers d'une réflexion d'abord artistique convoquant et traversant nécessairement de l'intime par le vecteur d'un laboratoire autour des langages et plus largement d'expression de soi.

 

Ce projet s'est mené avec les bénéficiaires et militant-es de l'association ATD Quart Monde, dans le cadre du dispositif test OSEE, qui vise à convertir les parcours de précarités des participant-es en un réel savoir pratique. Comme pour toutes nos collaboration, il s’est agit d’une possibilité, à nos yeux très précieuse, de rencontres, d’échanges, pour tenter d’atteindre ce que le philosophe et poète Édouard Glissant appelle « l’identité relation » qui va de pair avec son concept de créolisation. À partir de langues et d’imaginaires collectifs, nous nous sommes efforcé-es de tracer ensemble des chemins d’un groupe humain à l’autre, d’une personne et d’un lieu à l’autre.

 

Nous avons travaillé ici à partir d’œuvres littéraires et artistiques. Ce laboratoire d’improvisation poétique et artistique a cherché à donner une dimension introspective au projet en s’appuyant sur la vision que chacun a de soi, de la singularité des parcours de vie, sa conscience de l’autre, et en réfléchissant à l’impact de nos sociétés contemporaines sur les singularités de chacun-e d’entre nous.

 

Notre matériau de départ est un corpus de poésies de mouvements d'avant-garde du XXème siècle ayant marié les arts plastiques pour en faire un objet immédiat (mouvements Dada, Lettriste, Fluxus, Situationniste, Oulipo), mais aussi des auteur-es du « nouveau roman » ou de littérature contemporaine, déclencheur d'écriture, susceptible d'amener à développer des pistes littéraires permettant d'explorer des territoires inconnus et convoquer des imaginaires.

 

En juin 2021, un livre objet de 40 pages en quadrichromie a été édité à l'issue de cette collaboration.

2020/2021 / 

Microcosme, murmures d'une cité

Ce projet a démarré en 2020 et il a eu pour objectif d'accompagner les habitant-es dans leurs questionnements sur l'évolution du territoire à travers leurs parcours personnels et familiaux et l'histoire de la cité Emile Dubois à Aubervilliers. Nous avons mené pendant plusieurs mois en 2020 une analyse profonde du territoire et des interactions des habitant-es, avec l'idée de cartographier les interactions invisibles entre les différents acteur-es d'un quartier (associatifs et institutionnels) sur une certaine durée.

 

Une revue a été éditée en 2020, consignant les réalisations écrites et visuelles produites en ateliers et nourrie de témoignages co-éditée (quadrichromie) avec le média et éditeur L'Insatiable. 

-> pour voir / commander la revue, c'est ici : https://www.linsatiable.org/Microcosme-murmures-d-une-cite

En 2021, le projet Microcosme s'est proposé de poursuivre son objectif, de resserrer la focale, de questionner et comprendre l'identité des habitant-es de la cité Émile Dubois (Quartier Fort d'Aubervilliers) dans le contexte d'un territoire et d'une époque donnée où les traces du passé continuent d'être actives. 

Ceci s'est fait sous forme de longs entretiens individuels ou collectifs avec des habitant-es en lien avec l'actualité du territoire, où le quotidien est une matière brute avec laquelle on peut fabriquer de la poésie.

 

Une série de podcasts a découlé de ce travail, diffusé sur la rubrique Agora # Portraits de la webradio La Fontanelle : https://fontanelle.linsatiable.org/discography/agora/

Nous avons proposé également un parcours sonore dans la cité sous forme d'affiche QRCodes répertoriant les 10 podcasts ainsi qu'une installation sonore et photographique, autre forme de restitution de ce travail une présentation publique de l'édition sous forme de performance et un débat autour des artistes et des pratiques participatives, lors des journées du patrimoine, à l'espace Renaudie à Aubervilliers.

IMG_0525.JPG
IMG_8824.jpg
IMG_8745.jpg
INSTALL 3.JPG
INSTALL2.JPG
INSTALL1.JPG
COUV.JPG
IMG_3150.JPG
IMG_0116.JPG
IMG_0187.JPG

2015/2018 / 

Microcosme-Trans-Experience

En  février 2016, nous avons mené une expérimentation artistique avec un groupe de jeunes adultes du dispositif d'insertion DINA du Centre du Sport et de la Jeunesse de Corse et de l’Education Populaire (CSJC).

Il s’est agit d’un abrégé, une image réduite du monde, entre performance et cabinet des curiosités. Le matériau de départ a été un travail d’enquêtes anthropologiques portant sur les rites corses et méditerranéens.

Une enquête menée avec les jeunes du CSJC accompagnés par Les Allumeur.e.s, a permis de filmer des entretiens avec des anciens de différents villages Corses. Ces rencontres intergénérationnelles ont ensuite amené les jeunes à produire de courts textes lors d’ateliers d’écriture. S’en est suivi la réalisation de séquences vidéos aux mises en scènes sensibles, drôles et poétiques entre réalisme et onirisme. Le groupe a aussi travaillé autour des différents rites inhérents à sa culture, à son histoire personnelle et collective, proposant ainsi une démarche introspective insérée dans le travail artistique. Les journées se sont donc articulées entre ateliers d’improvisation, ateliers d’arts plastiques et scénographie, faisant la part belle à la créativité et à l’imaginaire du groupe en s’inspirant des performances dada : Liberté d’oser, liberté de danser, liberté de penser, sans oublier de jouer !

 

La restitution du travail a été constituée de sets théâtraux joués par les jeunes, entourés d’un univers onirique composé de vidéos, d’installation et d'un environement sonore.